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Avant de devenir l’instrument que nous connaissons aujourd’hui, le violoncelle a traversé une première vie profondément ancrée dans l’esthétique du XVIIe et XVIIIe siècle. C’est le violoncelle baroque. 

Physiquement, il ressemble à son cousin moderne, mais les différences sont bien réelles. Ses cordes sont en boyau naturel, non métalliques, ce qui lui confère un son plus doux, plus rond, légèrement voilé — une sonorité organique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le manche est plus court et incliné différemment, et l’instrument se tient sans l’aide d’une pique : le violoncelliste le maintient entre les jambes, ce qui influence directement la posture et le geste musical. 

L’archet baroque, lui aussi, est fondamentalement différent. Plus léger et bombé vers l’extérieur — contrairement à l’archet moderne, cambré vers l’intérieur — il favorise une articulation naturelle, des phrasés plus souples et une hiérarchie des notes très différente.  

C’est avec cet instrument que Johann Sebastian Bach compose ses six Suites pour violoncelle seul, chef-d’œuvre absolu du répertoire baroque. Ces pièces, écrites entre 1717 et 1723, exploitent pleinement les possibilités expressives du violoncelle de l’époque, dans toute sa liberté et sa profondeur. 

Quelle différence avec le violoncelle classique ? 

À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, les instruments ont été progressivement modernisés pour répondre aux exigences des grandes salles de concert : cordes métalliques plus tendues, manche allongé et redressé, archet plus rigide, ajout de la pique. Le son devient plus puissant, plus projeté, mais perd une partie de cette intimité veloutée qui caractérise le baroque.  

Où peut-on apprendre le violoncelle baroque ?